
ARRIÈRE-PLANDepuis des décennies, l'Institut thoracique de Montréal mène une importante recherche clinique et évaluative en MPOC. Certains des projets de recherche clinique appliquée ont été réalisés à l'échelle provinciale dans le but de développer un programme d'autogestion... |
Dans notre organisation, il n’y avait aucun indicateur de qualité formel pour évaluer la gestion des maladies chroniques. Par conséquent, nous avons convenu qu’il nous fallait une méthode d’évaluation formelle pour nous aider à lier nos interventions aux améliorations en matière de pratique médicale relativement à la gestion des maladies chroniques.
Il a été convenu que la priorité de l'évaluation des « écarts dans la pratique » porterait principalement sur la gestion des maladies chroniques, c.-à-d. sur le diagnostic approprié à l'aide d'un test de spirométrie et les traitements pharmacologiques et non pharmacologiques optimaux au congé du patient de l'hôpital (ex. : programmes de cessation du tabagisme, programmes de réadaptation pulmonaire, services respiratoires dans la communauté, etc.). Nous avons utilisé une évaluation des écarts dans la pratique qui avait été réalisée à partir d'une comparaison entre les soins réellement dispensés et les recommandations des lignes directrices, c.-à-d. les recommandations faites par la Société canadienne de thoracologie pour la gestion de la MPOC.
a) Sélection de dossiers médicaux de trois années différentes et couvrant la même période de l'année (janvier à mars) : les dossiers ont été choisis aléatoirement de sorte que les résultats soient représentatifs des pratiques au sein de notre hôpital :
b) Analyse des dossiers : l'analyse des dossiers a été réalisée par la même personne (archiviste médical) à l'aide d'un formulaire de collecte de données normalisé.
c) Évaluation des écarts dans la pratique en matière de gestion des patients MPOC : analyse de 261 dossiers. Âge moyen : 73,2 ans. VEMS : 43,6 %. L'identité des patients et des médecins est demeurée confidentielle. Un pneumologue et une infirmière spécialisée en gestion de cas MPOC ont analysé les données recueillies pour chaque patient, et ce, de façon indépendante. Ils devaient préparer un plan de congé en fonction des critères suivants :
Le pneumologue devait décider du traitement pharmacologique le plus approprié (maintien) en se fondant sur les recommandations de la SCT en matière de gestion MPOC. Le pneumologue et le gestionnaire de cas MPOC devaient déterminer si le patient devrait avoir été dirigé vers les services MPOC offerts dans la communauté, une consultation avec un pneumologue, un programme de réadaptation pulmonaire et/ou un programme de cessation du tabagisme. L'écart dans la pratique était ensuite identifié comme étant la divergence entre les soins réellement prodigués au patient et les meilleurs soins qui auraient dû être donnés, et ce, en fonction des recommandations tirées des lignes directrices de la SCT en matière de MPOC.
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Écarts dans les soins offerts aux patients MPOC vus à l'urgence ou admis à l'hôpital |
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Hôpitaux |
Hôpital |
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Indicateurs de soins de qualité |
HG1 |
HG2 |
HP |
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Test de spirométrie réalisé durant l'événement |
< 50% |
< 50% |
50-75% |
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Test de spirométrie réalisé durant l'événement |
50-60% |
50-60% |
> 75% |
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Utilisation d'au moins un brochodilatateur longue durée |
< 50% |
< 50% |
> 50% |
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Référence vers un programme de réadaptation pulmonaire |
< 25% |
< 25% |
25-50% |
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Références vers un programme de cessation du tabagisme |
< 25% |
< 25% |
25-50% |
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Références vers un programme de cessation du tabagisme |
< 25% |
< 25% |
25-50% |
Nous avons organisé des séances de formation continue au cours desquelles nous avons attiré l'attention sur les écarts dans la pratique au CUSM. Nous avons rejoint plus de 15 gestionnaires et plus de 120 résidents, pneumologues, infirmières et pharmaciens. L'étude des écarts dans la pratique s'est révélée un outil fort efficace : elle nous a permis de convaincre des personnes clés, oeuvrant à différents niveaux, qu'il y avait un problème et de démontrer à quel point il était important pour elles de se mobiliser. Les séances de formation continue ont principalement ciblé des résidents et des pneumologues des hôpitaux HG1 et HG2.
Nous avons convenu que les résultats représentaient bien nos pratiques et qu'il fallait trouver des solutions.
Tout le monde était d'accord qu'il fallait faire quelque chose. Cependant, il est important à ce moment-ci que les personnes concernées soient déterminées à suivre les étapes suivantes.
